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Le Cameroun
D’après certains historiens, c’est vers 425 av. J-C que le navigateur et Consul carthaginois Hannon, chargé de franchir les Colonnes d’Hercule et de conduire une mission à vocation géostratégique et commerciale longea la côte ouest africaine. Après des escales à Cadix, au Maroc, au Sénégal et dans le Golfe de Guinée, il atteignit les rivages du Cameroun et nomma le « Char des Dieux » le mont le plus haut du pays (4070 mètres). Mais le nom actuel de Cameroun vient surtout de l’explorateur Fernando Póo. Cherchant la route des Indes, il accosta dans l’estuaire du Wouri en 1492. Surpris par le nombre de crevettes, le navigateur baptisa le pays « Rio dos camaroes ». De camaroes, on est passé au mot espagnol camarones puis au nom Cameroun dont les premiers habitants, les Baka, myrmidons aux allures de mirliflore, sont aujourd’hui repliés dans les forêts du sud et de l’est du pays.
Un rapide survol de l’histoire nous apprend aussi qu’au cours du premier millénaire avant J-C, la zone des « grassfields » couvrant le sud-ouest de l’actuel Cameroun aurait été le berceau des peuples bantous. Pays de migrants et d’immigrants, l’épopée au nord du pays des pasteurs peuls d’Ousmane dan Fodio (18 ème siècle), en témoigne. Ils furent stoppés dans le prospère et inventif royaume Bamoun du célèbre Sultan Njoya. Le Cameroun, composé de près de 300 ethnies parlant 200 langues différentes, est un puzzle improbable dont le miracle unitaire demeure fragile car l’histoire de la décolonisation y reste en débat.
Pays fascinant en forme de triangle ou de girafe, il a subi la traite négrière dès 1532 puis ferraillé contre la politique des comptoirs et les nombreuses convoitises extérieures. Il devient allemand le 14 juillet 1884 après la signature d’un traité commercial entre commerçants allemands et dignitaires côtiers à Douala. Un autre navigateur, Gustav Nachtigal, est nommé premier et éphémère gouverneur du Chancelier Otto Von Bismark au Kamerun. Les résistances des Bakwéri, Bané, Bangwa, Bulu, Douala, Ewondo, Kirdi etc. contesteront cette mainmise étrangère.
Le siège du gouvernorat, installé à Douala, est transféré à Buéa (1901-1909) puis rétabli à Douala. Le traité de Versailles, fixant les conditions de la paix après la première guerre mondiale, entérine la défaite allemande au Cameroun et la partition du pays en deux entités confiées sous mandat par la SDN à la France (les 4/5ème du territoire) et au Royaume-Uni. Yaoundé, la ville aux 7 collines (comme Rome, Lisbonne et Nîmes), devient la capitale du Cameroun francophone en 1922.
En 1945, le pays est sous tutelle de l’ONU et « territoire associé » à l’union française (1946).
En 1948, le charismatique Ruben Um Nyobè fonde l’UPC et prône l’indépendance et l’unification de l’Etat. Une période insurrectionnelle s’ouvre, suivie d’une terrible répression. En 1956, un collège électoral unique permet l’élection d’une assemblée territoriale ayant vocation de constituante pour sortir du colonialisme. Le premier gouvernement autonome d’André-Marie Mbida est formé en 1957. Jugé irascible, mais en réalité peu servile aux yeux de la puissance coloniale, il est remplacé par Ahmadou Ahidjo en 1958 qui devient, après l’indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960, Président de la nation libre. En 1982, Paul Biya lui succède.
Considéré comme l’Afrique en miniature, le Cameroun cherche encore son second souffle cinquante ans après l’indépendance. Ses innombrables atouts, mis en œuvre dans une politique de résultats durables et s’appuyant sur une exigence éthique plus forte, ouvriraient à ses vingt millions d’habitants et dans la région une ère de prospérité nouvelle et attendue.
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